sous la direction de :

L'Académie contre la langue française

Le dossier "féminisation"

Avec la contribution, singulière et collective, de Maria Candea, Yannick Chevalier, Sylvia Duverger et Anne-Marie Houdebine.

La collaboration d'Audrey Lasserre.

Et l'aimable concours de Louise Labé

Juin 2016   17.00 €   224 p.   
ISBN : 979-10-900-62-33-7
"Le Secrétaire perpétuel [Hélène Carrère d'Encausse], et les membres de l'Académie française, ont la douleur de vous faire part de la disparition de leur confrère, Assia Djebar*, chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres, décédé le 6 février 2015."

En trois siècles et demi d’existence, l’Académie a beaucoup travaillé à masculiniser le français. Porte­bannière des partisans du « genre le plus noble », ce vestige de la monarchie absolue mène depuis le milieu des années 1980 une croisade contre la « féminisation », en dépit des besoins langagiers d’une société où l’égalité des sexes progresse – en dépit, surtout, des logiques de la langue française et des évolutions à l’œuvre dans les autres pays francophones. Sans se soucier de remplir le rôle pour lequel l’entretiennent les contribuables, les Immortel·les en habit vert campent sur des positions purement idéologiques, en proférant des sentences qui se veulent paroles d’Évangile alors qu’elles vont à rebours des dynamiques du français. Les « Quarante », il est vrai, ne sont ni grammairiens, ni linguistes, ni philologues – et pas toujours écrivains.

Ce livre retrace cette guerre de trente ans, menée à coup de déclarations aussi péremptoires qu’infondées, réactionnaires et sexistes, face auxquelles les protestations n’ont pas manqué. Il permet également de faire le point sur les objets de ces controverses, et de comprendre pourquoi la France a fini par entamer sa « révolution langagière »… envers et contre les avis des Messieurs-Dames du Quai Conti.

 

*Écrivaine et cinéaste algérienne, Assia Djebar est la première des femmes et hommes de lettres du Maghreb à avoir été élue à l'Académie française, en 2005.

 

Benoîte Groult est morte le 20 juin, à quelques jours de la sortie de ce livre. Nous pensions le lui offrir, nous aurions aimé en parler avec elle et l'entendre en parler. Elle l'aurait apprécié, c'est une certitude. Pas seulement parce qu'il la venge, elle et quelques autres, des attaques grossièrement sexistes que lui ont valu, de la part d'académiciens, ses prises de position en faveur de la "féminisation" des titres et des fonctions; pas seulement parce qu'il fait place au travail qu'elle a accompli à la tête de la "Commission de terminologie" créée en 1984. Aussi, et probablement surtout, parce qu'il annonce que ce combat auquel elle a activement participé est en passe d'être perdu par l'Académie. "Ce n'est pas la langue qui refuse, ce sont les têtes", disait très justement Benoîte Groult.

BONUS

l'avant-propos du livre

le sommaire

présentation de ses autrices et auteur

PRESSE

"Faire entendre, donc comprendre, que les femmes existent". Didier Epstajn sur le blog Entre les lignes entre les mots (22 juin 2016)

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